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الأربعاء، 10 جوان 2026

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Trump et Infantino, un duo peu rassurant pour le Mondial

Trump et Infantino, un duo peu rassurant pour le Mondial

 

Abed Charef

 

Une menace plane sur la coupe du monde de football. Elle risque de gâcher la fête. Elle est le résultat d’une alliance improbable entre deux personnages narcissiques, controversés: le président américain Donald Trump et celui de la FIFA Gianni Infantino. Tous deux cherchent d’abord à tirer profit de cet événement exceptionnel, sans tenir compte du côté sportif, festif, culturel, émotionnel et humain que représente une coupe du monde de football.

L’alliance de fait entre les deux hommes a été scellée lorsque Infantino a offert à Trump le «Prix de la paix de la FIFA, Le football unit le monde», le 5 décembre 2025 à Washington, lors de la cérémonie pour le tirage au sort de la phase finale de la Coupe du Monde.

Quelle paix a réalisée Donald Trump? Infantino était visiblement dans une démarche d’obséquiosité, cherchant à s’attirer les faveurs du président américain, connu pour ses frasques, sa vulgarité et le côté grossier du personnage. Mais M. Infantino n’a pas été payé en retour.

Les autorités américaines ont adopté une attitude qui tranche radicalement avec les traditions établies autour de la coupe du monde. D’habitude, le pays hôte fait preuve d’un sens poussé de l’hospitalité, affiche une ouverture aux autres peuples et aux autres cultures, met en place des procédures simplifiées pour faciliter l’arrivée, le déplacement et le séjour des centaines de milliers de supporters étrangers. Près de cinq millions de spectateurs sont attendus pour cette coupe du monde 2026.

 

La vulgarité de Trump...

L’administration américaine a fait le choix inverse. Donald Trump a lui-même annoncé que les ressortissants de certains pays ne seraient pas autorisés à se rendre aux Etats-Unis. Son administration a en outre mis en place un système de caution et de garantie qui interdit aux ressortissants de nombreux pays de se rendre aux Etats-Unis.

A ces interdits, se sont ajoutées des décisions qui ont un impact direct sur l’équité de la compétition. Le somalien Omar Artan, considéré en 2025 comme le meilleur arbitre africain, a été interdit d’entrer aux Etats-Unis où il devait officier pendant la coupe du monde.

Des membres de la délégation iranienne se sont vus refuser des visas d’entrer aux Etats-Unis, ce qui place de fait l’équipe iranienne dans une position non optimale pour la compétition, alors que c’est vital aussi bien pour l’équipe, pour les joueurs que pour le pays. L’équipe iranienne a d’ailleurs décidé de ne se rendre en territoire américain que pour les matches, sans jamais y passer la nuit. On se demande ce qui risque de se passer si l’Iran se qualifiait pour le second tour ou aux phases ultimes de la compétition.

Sans aller dans le détail de tous les désagréments subis par les délégations étrangères, on peut aussi noter que celles d’Irak et du Sénégal ont été confrontées à des difficultés inacceptables, les champions d’Afrique ayant été retenus des heures par la douane pour des fouilles que rien ne justifiait.

Sur un autre plan, Donald Trump a eu l’indélicatesse de menacer le Mexique, pays co-organisateur du mondial. Il a d’ailleurs entamé son mandat par le lancement d’un mur à la frontière entre les deux pays. Il a également menacé d’annexer le Canada, autre pays organisateur.

Peut-on faire pire en terme d’esprit sportif?

 

... Et l’obséquiosité d’Infantino

Jusqu’où ira la docilité d’Infantino face à ces dépassements ? A priori, l’obséquiosité du président de la FIFA n’a pas de limites. La FIFA n’a pas bougé le petit doigt pour défendre ses propres règles. Elle s’est contentée de dire que chaque pays gère ses propres lois sur l’émigration, sans protester contre des décisions qui portent atteinte à la probité de la compétition. En d’autres temps, la FIFA aurait sommé le pays organisateur de s’exécuter.

On se demande ce que ferait la FIFA si, par exemple, le Maroc décidait d’interdire à des israéliens d’assister à la phase finale de la coupe du monde 2030 (lol) et si l’Arabie Saoudite faisait de même en 2034.

En fait, Infantino n’élèvera pas de protestation significative contre les décisions américaines parce que son cheminement et celui de Trump se rejoignent: ils partagent le même sens du business. Trump a fait de son poste une formidable pompe à fric, il voit la diplomatie, les relations internationales, le football et même la guerre comme des opportunités de gagner de l’argent, et Infantino a achevé la transformation de la FIFA en une immense affaire financière.

Les deux hommes ont en fait transposé la coupe du monde vers un monde différent, décalé, un monde en opposition totale avec la spontanéité de Maza, le talent de Hadj Moussa ou les prouesses techniques de Ryadh Mahrez.

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