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أخبار
2026-10-15

Abed Charef
Le marché pétrolier est resté insensible au deal américano-russe visant à alimenter le marché américain en gas-oil russe. Une semaine après l’annonce de l’accord par le président Donald Trump lui-même, le Brent affichait, jeudi 15 octobre dans la matinée, 104,62 dollars, très légèrement au-dessus du prix en vigueur le 9 octobre, le jour où l’accord a été rendu public.
Le prix a même augmenté pendant la semaine, dépassant légèrement le pic de 107 dollars lundi dernier, avant de se replier depuis. Mais 107 dollars, c’était déjà un niveau si élevé que le prix ne pouvait que refluer. Le prix du brut semblait ainsi plus sensible aux tensions en Mer rouge et dans le détroit d’Hormuz qu’aux manœuvres électoralistes de Donald Trump.
Celui-ci est engagé dans une opération électorale de mi-mandat, prévue dans trois semaines, et où tous les sondages lui prédisent une défaite, si n’est une déroute. Il a tenté de renverser la tendance en utilisant le levier du prix du carburant, qui a fortement augmenté depuis le début de la guerre contre l’Iran et le blocus du détroit d’Hormuz. Le prix de l’essence a augmenté de près de 50% et celui du gas-oil de 75%, dans un pays où la voiture est un produit populaire par excellence. Dans tous les pays occidentaux, le prix à la pompe a fortement augmenté, créant des tensions et plombant la croissance.
Selon Donald Trump, la Russie allait fournir aux marchés mondiaux près de trois millions de tonnes de gas-oil, dont un demi-millions de tonnes immédiatement.
Une décision purement électoraliste
La décision de Donald Trump montrait, comme d’habitude, un cynisme rare, et un mépris total de ses partenaires politiques. Sa décision avait un objectif essentiel, tenter de regagner du terrain sur le plan électoral pour atténuer éventuellement la débâcle annoncée pour le 3 novembre. Mais ce faisant, Trump a de fait levé l’embargo officiellement en vigueur contre les produits pétroliers russes depuis le début de la guerre en Ukraine.
Dans leurs réactions, les dirigeants européens ont d’ailleurs insisté sur deux points: le volet unilatéral de la décision, qui brise ce qui reste du front anti-russe, et l’insuffisance de l’accord pour renverser la tendance des prix du carburant dans les pays occidentaux. Les quantités annoncées comme devant être livrées en octobre couvrent à peine une journée de consommation de l’espace euro-américain en gas-oil.
Au final, donc, un missile tiré des montagnes du Yémen contre une installation pétrolière saoudienne ou un pétrolier en Mer rouge a plus d’impact sur le marché pétrolier qu’un accord américano-russe sur lequel Trump misait pour aborder dans des conditions moins difficiles les élections du 3 novembre.
Trump a perdu le contrôle
La décision hasardeuse de Donald Trump confirme par ailleurs le côté erratique de ses décisions, dans un contexte où il a perdu le contrôle. Ses décisions sont prises dans un cadre étroit, il s’agit presque d’impulsions, ne tenant guère compte de leur impact sur des partenaires déboussolés.
Trump ne sait plus s’il faut imposer un blocus total du détroit d’Hormuz pour étouffer économiquement l’Iran, ou s’il faut imposer une réouverture du détroit d’Hormuz pour assurer une approvisionnement normal de l’économie mondiale en hydrocarbures et autres produits. Il ne sait plus s’il faut poursuivre la guerre contre l’Iran pour atteindre des objectifs que personne n’est en mesure de définir, ou s’il faut mettre fin à la guerre parce qu’il ne peut pas la gagner. Sans oublier que l’Iran est en mesure de riposter et de faire mal là où il y a des bases américaines dans un rayon de 2.000 kilomètres.
Ceci confirme que le prix du baril va dépendre plus que jamais de la tension en Mer rouge, dans le détroit d’Hormuz et en Arabie Saoudite, plutôt que des décisions et volte-faces de Donald Trump.
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