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الجمعة، 27 مارس 2026

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Après un mois de guerre, quel bilan?

Après un mois de guerre, quel bilan?

 

Abed Charef

 

C’est une boutade, mais elle reflète bien l’évolution de la guerre contre l’Iran depuis l’agression américano-israélienne du 28 février 2026. Les Etats-Unis font désormais de la réouverture du détroit d’Ormuz un objectif majeur de la guerre. Ils menacent de mener une périlleuse opération de débarquement à cet effet, et ont déjà mobilisé dix mille hommes supplémentaires qui font déjà route vers le Golfe.

Pourtant, Il y a un mois, le détroit d’Ormuz était ouvert, et la navigation y était libre. Les Etats-Unis ont donc déclenché une guerre, laquelle a eu un effet collatéral, et aujourd’hui, résoudre cet effet non souhaité est devenu l’objectif principal de la guerre !

Au-delà de la caricature, cet élément montre une étonnante absence de stratégie chez la partie américaine, une défaillance extrêmement dangereuse quand c’est le pays le plus puissant au monde qui est en cause. L’incohérence qui domine les propos du Président Donald Trump a ajouté à la confusion, à un point où des responsables américains de premier plan ont avoué ne comprendre ni la démarche, ni les objectifs, encore moins la stratégie et l’intérêt des Etats-Unis dans ce conflit.

Comment un pays de l’envergure des Etats-Unis peut-il s’embarquer dans une aventure pareille? Une seule explication semble plausible: l’armée américaine mène une guerre qui n’est pas la sienne. Une guerre pour le compte d’Israël. Avec, à la clé, une question qui revient de manière pernicieuse, obstinante: l’affaire Epstein.

 

Sortir du bourbier est compliqué

D’autre part, entrer dans une guerre est facile, mais en sortir est beaucoup plus complexe. Dans le cas présent, les Américains, qui ont déjà raté leur entrée, semblent encore plus en difficulté pour trouver une issue. A en croire certains spécialistes, ils seraient même en plein désarroi; ce qui semble plausible quand on écoute les mensonges grossiers, les déclarations contradictoires, les menaces, les ultimatums foireux et les fausses promesses du président Trump.

Les Etats-Unis sont face à une réalité implacable. Réduire l’Iran est impossible. Poursuivre la guerre se révèle trop coûteux. Se lancer dans une invasion terrestre serait mortel.

D’un autre côté, sortir de la guerre sans perdre la face semble hors de portée. Quitter le champ de bataille comme ce fut le cas en Afghanistan signerait la fin de l’administration Trump, et mettrait une croix sur une victoire des républicains aux élections de mi-mandat en novembre prochain, sans parler des présidentielles dans deux ans et demi, qui seraient sérieusement compromises.

Et c’est là que les Américains retrouvent une vieille règle de la guerre: une partie peut seule déclarer la guerre, mais pour en sortir, il faut être deux. Et Washington découvre que l’Iran ne joue pas le jeu. Il refuse de se soumettre aux règles américaines. L’Iran a sa propre logique, qui l’empêche aujourd’hui de négocier et de conclure un cessez-le-feu. Pour une raison évidente: la parole américaine n’a plus aucune crédibilité. Il y a déjà eu cessez-le-feu et négociations, et à chaque fois, les Américains ont fait preuve de perfidie, ils n’ont pas respecté la parole donnée ni les accords conclus.

 

Le bilan d’une guerre se mesure aux objectifs atteints

Dès lors, une réalité s’impose désormais à l’Iran : ne plus jamais faire confiance aux Etats-Unis, ni aux Occidentaux de manière générale, comme à ceux qui ont gardé le silence face à l’agression américano-israélienne, avant de dénoncer le choix de l’Iran dans sa manière de se défendre.

Téhéran est contraint d’étudier les offres de négociations et de cessez-le-feu, mais il est aussi contraint de rester continuellement sur le pied de guerre. Ne jamais baisser la garde face à des adversaires brutaux, sans respect pour la légalité internationale, des adversaires perfides, des habitués aux coup de poignard dans le dos et des frappes en traîtres.

Au final, dans cette guerre, l’Iran a perdu des hommes et des infrastructures. Il a gagné en respect, en préparation, en stratégie et a consolidé le front interne. A l’inverse, les Etats-Unis ont perdu leur parole et Israël a perdu le mythe de l’invulnérabilité.

Le bilan d’une guerre ne se fait pas au nombre de morts, à l’ampleur des destructions ou aux quantités de bombes utilisées. Il se fait sur un point essentiel: qui a atteint ses objectifs politiques et qui ne les a pas atteints?

Là, le bilan de l’Iran est meilleur. Et de loin. De très loin même.

 

PS: Certaines formules sont généralement utilisées pour jeter le discrédit sur un adversaire ou un concurrent. Pourtant, quand il s’agit des Etats-Unis et d’Israël, ces formules sont rigoureusement exactes. Comme celle-ci, utilisée dans ce texte: des adversaires brutaux, sans respect pour la légalité internationale, des adversaires perfides, des habitués aux coup de poignard dans le dos et des frappes en traîtres.

Ou encore celle-là, pour parler des mensonges grossiers, les déclarations contradictoires, les menaces, les ultimatums foireux et les fausses promesses du président Trump.

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