انطلاق جلسات تحضير الدخول المدرسي 2026-2027 بداية من الغد
أخبار
2026-01-31

Par Ahmed ABDELKRIM
Le parcours de l’Algérie dans ce tournoi africain avait pourtant tout d’un parcours abouti. Solide, cohérent, maîtrisé. Match après match, les Fennecs ont montré un visage sérieux, discipliné, conquérant. Des victoires nettes, un collectif soudé, une équipe qui monte en puissance et qui donne le sentiment d’avoir retrouvé une identité claire : jouer, imposer le rythme, gagner sans calcul.
Avant le Nigeria, l’Algérie avait répondu présent. Les scores parlaient d’eux-mêmes, les prestations aussi. Peu de déchets, une défense compacte, un milieu travailleur, des joueurs engagés. Rien d’une équipe de passage. Tout d’une sélection venue pour aller loin.
Puis est arrivé ce quart de finale face au Nigeria. Une grande équipe, expérimentée, solide physiquement, réaliste dans les deux surfaces. La défaite 2–0 est un fait. Le Nigeria a su exploiter ses temps forts. Sur le strict plan sportif, il n’y a rien à contester.
Mais réduire ce match à son score serait une facilité.
Dès les premières minutes, l’arbitrage a installé un climat pesant. L’arbitre sénégalais Magatte Ndiaye a opté pour une gestion autoritaire, rigide, vicieuse, toujours à sens unique. Le moindre contact algérien était sanctionné, quand des fautes similaires passaient inaperçues de l’autre côté. Résultat : huit cartons jaunes infligés à l’Algérie, une équipe constamment sous pression, obligée de jouer avec la peur du prochain coup de sifflet.
L’arbitrage n’a pas seulement sanctionné des fautes. Il a cassé le rythme, fragmenté le jeu, interrompu les temps forts algériens, multiplié les avertissements sans véritable pédagogie. À aucun moment, l’arbitre n’a cherché à apaiser. Au contraire, son attitude hostile, fermée, souvent provocatrice a accentué la tension. Jusqu’à ce geste final, lourd de symboles : refuser de serrer la main de joueurs algériens, dans un contexte déjà électrique.
Ce malaise arbitral n’est pas un épisode isolé. Tout au long du tournoi, de nombreuses décisions ont alimenté un sentiment de deux poids, deux mesures, notamment lors des matchs impliquant le pays hôte. Des fautes non sifflées, des penalties oubliés, des cartons distribués avec parcimonie d’un côté et avec abondance de l’autre. Rien de suffisamment grossier pour déclencher une sanction officielle, mais assez répétitif pour installer le doute.
Autour des stades, le football a perdu ce qu’il lui restait d’innocence. Des supporters algériens frappés, des journalistes insultés dans la salle mixte, des pressions verbales humiliantes, parfois filmées, parfois banalisées. Des supporters sommés de répéter des slogans politiques pour accéder aux tribunes. Des billets introuvables pour les Algériens, achetés à prix d’or sur le marché parallèle ( plus de 700 euros) . Une atmosphère où l’on ne venait plus seulement encourager une équipe, mais survivre à une expérience hostile.
Parler de fitna n’est pas un abus de langage. C’est nommer une méthode. Lorsque le sport devient un espace de tensions organisées, de provocations répétées et de récits orientés, il cesse d’être neutre. Il devient un instrument. Dans ce schéma, le Makhzen ne tire pas sa légitimité d’un projet fédérateur ou d’un récit collectif apaisé, mais de la division, de la mise en opposition permanente, de la désignation d’un adversaire utile.
La fitna n’est pas un accident. Elle est entretenue, encouragée, parfois scénarisée. Elle permet de détourner l’attention, de souder artificiellement, de masquer des fragilités internes par une tension externe permanente. Le football, par sa portée émotionnelle et médiatique, devient alors un terrain idéal pour cette manipulation symbolique : on ne joue plus pour gagner un match, mais pour produire un message.
Dans ce contexte, appeler à la fraternité tout en tolérant les humiliations, les provocations et les traitements différenciés relève de l’hypocrisie. Le discours du rapprochement ne peut coexister durablement avec des pratiques qui nourrissent la défiance et la colère. La fitna, quand elle est institutionnalisée, finit toujours par contaminer ce qu’elle touche y compris le sport.
Sur les réseaux sociaux, la défaite a libéré une violence verbale décomplexée. Vidéos insultantes, propos stigmatisants, amalgames. Les attaques contre Mahrez, Boulbina, Amoura et leurs coéquipiers ont dépassé le cadre du football. Elles visaient une équipe, puis un peuple.
Dans ce contexte, une certitude s’impose : le “khawa khawa” hypocrite n’a plus de place. Pas quand le sport devient un outil de mise en scène politique. Pas quand l’arbitrage devient un facteur de tension plutôt qu’un garant d’équité. Pas quand les tribunes servent à humilier plutôt qu’à célébrer.
L’Algérie quitte la compétition sans honte. Avec un parcours solide, une équipe digne et un public fidèle. Mais elle quitte aussi ce tournoi avec une conviction renforcée : tant que le football africain ne règlera pas sérieusement la question de l’arbitrage, de la neutralité et de la protection des acteurs, il continuera de produire plus de frustrations que de joie.
Quand l’arbitre devient un acteur central du récit, le jeu disparaît.
Et quand le football cesse d’être juste, il cesse d’être universel.
أخبار
2026-01-31
أخبار
2026-01-31
أخبار
2026-01-31
أخبار
2026-01-31
أخبار
2026-01-31
أخبار
2026-01-31