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Algérie : au-delà du bruit, un pays qui construit

Algérie : au-delà du bruit, un pays qui construit

أخبار

2026-01-31


Ahmed ABDELKRIM


Ces dernières semaines, l’Algérie a de nouveau été exposée à un flot dense de commentaires et d’analyses souvent réductrices sur les réseaux sociaux. Dans cet espace numérique saturé, l’image d’un pays immobile ou fragilisé est parfois projetée avec insistance. Pourtant, loin du vacarme, une autre réalité se déploie, plus discrète, plus lente, mais bien tangible : celle d’un pays qui investit, qui planifie et qui construit.

Car l’Algérie d’aujourd’hui ne se résume pas aux séquences virales. Elle s’inscrit dans un temps long, celui des infrastructures, des projets industriels et des choix stratégiques.


Gara Djiblet : un projet minier à portée structurante

Le projet de la mine de fer de Gara Djiblet, dans le sud-ouest algérien, illustre cette logique de fond. Longtemps évoqué, désormais engagé, il figure parmi les plus importants projets miniers du continent africain. Ses réserves, estimées parmi les plus conséquentes au monde, ouvrent des perspectives industrielles majeures.

Au-delà de l’extraction, Gara Djiblet s’inscrit dans une chaîne de valeur complète : transformation locale, sidérurgie, logistique, emploi. Il ne s’agit pas seulement d’exporter une matière première, mais de poser les bases d’un écosystème industriel, capable de soutenir d’autres secteurs et de réduire la dépendance aux importations.

 

Routes, rails et ports : le retour de l’État bâtisseur

Sur le plan des infrastructures, les chantiers se multiplient. Le réseau routier continue de s’étendre, reliant des régions longtemps marginalisées aux pôles économiques. Les autoroutes, les pénétrantes et les voies de contournement ne font pas toujours la une, mais elles transforment durablement les territoires.

Le chemin de fer, longtemps négligé, revient au cœur des priorités. L’extension des lignes vers le sud, notamment en lien avec les projets miniers et énergétiques, vise à structurer un espace économique plus intégré. Le rail redevient un outil stratégique, à la fois pour le transport de marchandises et pour l’aménagement du territoire.

Les ports, eux aussi, font l’objet de modernisations et d’extensions, dans un contexte où la maîtrise des flux logistiques devient un enjeu central de souveraineté économique.


Une diversification industrielle progressive mais réelle

L’un des mouvements les plus significatifs de ces dernières années réside dans la diversification du tissu industriel. Sans rupture brutale, mais avec une orientation plus affirmée, plusieurs secteurs se développent :

– industrie agroalimentaire,

– matériaux de construction,

– mécanique et assemblage,

– électronique et services numériques.

Des zones industrielles sont réactivées, d’autres réorganisées. L’objectif affiché est clair : produire davantage localement, structurer des filières et créer de l’emploi durable. Là encore, les résultats ne sont ni instantanés ni homogènes, mais la dynamique est enclenchée.


Investissements étrangers : un intérêt mesuré mais constant

Contrairement à certaines affirmations circulant en ligne, l’Algérie ne se situe pas hors des radars économiques. Des investissements étrangers, notamment dans l’énergie, l’industrie et les services, continuent d’affluer, souvent dans une logique de partenariats à moyen et long terme.

Les réformes du cadre d’investissement, la simplification progressive de certaines procédures et la stabilité institutionnelle relative constituent des signaux suivis de près par les acteurs économiques. L’attractivité ne se construit pas en slogans, mais dans la durée, par la prévisibilité et la cohérence des choix.


Une société qui accompagne, parfois en silence

Ces projets n’existent pas hors sol. Ils mobilisent des ingénieurs, des techniciens, des ouvriers, des cadres, des jeunes diplômés. Les femmes et les hommes qui travaillent sur ces chantiers incarnent une Algérie souvent absente des récits dominants : celle qui avance sans tapage, avec ses lenteurs, ses contraintes, mais aussi sa capacité d’adaptation.

La société algérienne, loin des caricatures, observe, critique parfois, espère souvent, et participe.

Dans un monde dominé par l’instantané et l’émotion, l’Algérie avance à un rythme qui n’est pas celui des réseaux sociaux. Les routes ne se construisent pas en hashtags, les mines ne s’ouvrent pas en vidéos virales, les réseaux ferroviaires ne se déploient pas en quelques clics.

Face au bruit informationnel, la réalité algérienne se lit dans le temps long : celui des projets structurants, des investissements, des choix industriels.

C’est là, loin des raccourcis et des jugements hâtifs, que se joue l’essentiel.

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