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أخبار
2026-09-22

Abed Charef
C’est devenu un rituel. Au terme des consultations avec les responsables économiques algériens, le FMI publie un communiqué offrant un instantané de l’économie du pays, dans lequel chacun puise ce qu’il veut: des signes positifs ou encourageants recensés par le FMI et mis en avant par le pouvoir et sa clientèle, des vulnérabilités récurrentes ou nouvelles, sur lesquelles insistent les opposants et les critiques du pouvoir.
Le rapport 2026, daté du 21 septembre, n’échappe pas à ce schéma. Rassurant sur le court terme, préoccupant pour le moyen et long termes, le document a toutefois cet avantage d’offrir un regard moins laudateur que celui du pouvoir et ses soutiens, plus lucide que celui des critiques radicaux traditionnels.
A n’en pas douter, la presse publique et celle acquise au président Tebboune vont insister sur cette appréciation que le FMI met en avant: «le programme de réformes de l'Algérie a favorisé la diversification économique et une croissance robuste», au moment où «la hausse des recettes tirées des hydrocarbures améliore les perspectives à court terme».
Ces perspectives à court terme demeurent globalement favorables. Le FMI est clair à ce sujet. «La croissance du PIB devrait rester robuste, à 3,8 % en 2026», après avoir atteint 3,9 % en 2025 et 3,7 % en 2024. Ces résultats ont été atteints notamment grâce à «la vigueur de l’investissement public».
Le rapport du FMI, validé par le conseil d’administration, souligne aussi «les efforts de diversification de l'Algérie, et son retrait de la liste du GAFI des pays et territoires soumis à une surveillance renforcée».
L’économie, côté cour
Mais le tableau n’est pas tout rose. Bien au contraire. Les experts du FMI, à travers leur langage feutré, relèvent aussi toute une série de points peu reluisants. Et la liste est longue. Ainsi, notent-ils «une hausse de la dette publique et un recours au financement par la banque centrale», formule soft pour parler d’artifices financiers à l’efficacité incertaine.
De même, «le déficit extérieur s'est considérablement détérioré», provoquant «une forte réduction des réserves internationales». Selon le rapport, «la prime de taux de change parallèle a augmenté», autre formule soft pour dire que l’écart entre le taux officiel et le taux parallèle des devises s’est encore creusé.
Dans le même temps, l'inflation globale a atteint 5,2 % en avril 2026, et «devrait augmenter temporairement», alors que «le déficit budgétaire devrait rester élevé».
Risques et recommandations
Autre point souligné par le FMI, les risques qui pèsent à terme sur l’économie algérienne, et les mesures préconisées pour les éviter. Sur ce terrain, les rapports du FMI se ressemblent depuis des années,voire des décennies, quand il s’agit de relever les problèmes structurels de l’économie algérienne. Et c’est probablement le point le plus inquiétant: l’incapacité du gouvernement à imaginer des solutions efficaces à ces problèmes structurels.
Parmi les risques figure, comme toujours, une éventuelle «forte baisse des cours des hydrocarbures», avec ce que cela implique comme «déficits budgétaires persistants et importants qui pourraient porter atteinte à la viabilité de la dette». Pour l’heure, la situation dans le Golfe a poussé le prix des hydrocarbures vers le haut, offrant un répit depuis le mois de mars, mais ce n’est qu’un répit.
Le rapport relève également «une dépendance persistante au financement monétaire, qui pourrait compromettre la stabilité des prix et la crédibilité de la politique économique», alors que l’investissement public, massif, n’atteint toujours pas l’efficacité requise. Même s’il ne le dit pas en ces termes, le constat est clair, quand il appelle à «améliorer l’efficacité de l’investissement public et de rationaliser les dépenses».
Des rapports qui se suivent et se ressemblent
Pour le reste, on est toujours dans la langue de bois économique du FMI, avec des rapports qui se ressemblent beaucoup, d’une année sur l’autre. Ainsi, le FMI préconise «des réformes plus profondes pour soutenir une croissance plus forte, plus résiliente et tirée par le secteur privé». Il soutient aussi «une consolidation plus marquée des finances publiques, une diversification plus rapide de l’économie et la poursuite des réformes structurelles qui pourraient améliorer le climat des affaires, attirer davantage d’investissements privés et renforcer la croissance ainsi que la résilience à moyen terme».
Pour le FMI, agir pour avoir une «faible inflation» devrait être un objectif central, «un point d'ancrage» de l’action gouvernementale. Il invite les pouvoirs publics à «renforcer l'indépendance opérationnelle de la Banque d'Algérie», à «limiter le financement monétaire à des circonstances exceptionnelles».
Enfin, les experts du FMI insistent sur une politique visant «une plus grande flexibilité du taux de change», ce qui «renforcerait la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs et contribuerait à réduire la prime de change sur le marché parallèle». Mais tous ces points, on devrait presque tous les retrouver dans les rapports précédents.
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