العاصمة.. تفكيك شبكة إجرامية وحجز قرابة 4 قناطير من الكيف المعالج
أخبار
2026-06-28

Redha Benyamina
Ingénieur
L’Algérie se trouve à un tournant décisif de son histoire économique et sociale. La
transformation numérique n’est plus une simple option, c’est un choix civilisationnel,
comme le soulignent les architectes de la gouvernance institutionnelle nationale.
Pourtant, force est de constater que notre écosystème, bien que dynamique, demeure
éclaté entre plusieurs départements ministériels. Si l’industrie, la recherche et les
startups disposent chacune de leurs structures, il manque une vision centralisée, un chef
d’orchestre capable de faire de la technologie le moteur de notre souveraineté. Il est
temps de créer un Ministère de l’Innovation et de la Technologie.
Le rôle : un catalyseur stratégique pour l’écosystème algérien
Ce ministère ne serait pas une énième couche administrative. Dans un contexte où la
digitalisation de l’administration fiscale se heurte encore à des lacunes en infrastructures
et en compétences, il agirait comme un facilitateur systémique. Aujourd’hui, une startup
innovante dans la santé doit négocier avec le ministère de la Santé, celui de la
Recherche, et l’Autorité de protection des données. Ce labyrinthe tue l’agilité. Le
nouveau ministère briserait ces silos.
Son rôle serait triple : Anticiper les ruptures (IA, quantique, semi-conducteurs) en phase
avec la stratégie présidentielle, Accélérer l’adoption des technologies souveraines dans
tous les secteurs, et Protéger notre tissu économique des dépendances étrangères.
Comme le rappelle un expert en souveraineté technologique, « sans ingénieurs
souverains, il n’y a pas de souveraineté numérique » . Ce ministère serait le gardien de
cette ressource humaine stratégique.
La valeur ajoutée : réconcilier volonté politique et temps long de l’innovation
La valeur ajoutée de cette institution réside dans sa capacité à offrir une stabilité
visionnaire. L’Algérie a clairement placé la souveraineté numérique dans sa ligne de
mire, comme en témoigne le projet de Data Center gouvernemental confié à un
partenaire étranger. Mais la souveraineté ne s’achète pas, elle se cultive. Un ministère
dédié incarnerait cette rupture en coordonnant les investissements, évitant la dispersion
des crédits et maximisant le retour sur investissement de la recherche fondamentale,
trop souvent déconnectée des applications industrielles.
Ensuite, il serait le fer de lance de la confiance numérique. En imposant des standards de
cybersécurité exigeants et en structurant la localisation des données sensibles sur le
territoire, il protégerait la vie privée des citoyens tout en instaurant un climat de
confiance crucial pour l’adoption des services numériques.
Les objectifs : un triptyque pour l’Algérie 2030
Pour être crédible, ce ministère doit s’assigner des objectifs clairs :
1. L’objectif de « Capacité » : D’ici 2030, réduire significativement notre
dépendance aux technologies étrangères dans les secteurs vitaux. Il s’agit de
soutenir massivement les « Deep Tech » locales et de valoriser les produits de
recherche exposés lors des conférences nationales, en créant des passerelles
entre les centres de recherche et le marché.
1. L’objectif de « Pénétration » : Généraliser la digitalisation des services publics à
haute valeur ajoutée. Si l’écosystème startup est en pleine effervescence, il doit
être canalisé pour résoudre des défis concrets : fluidifier l’administration,
optimiser les soins, moderniser l’éducation.
1. L’objectif de « Culture » : Former massivement aux métiers de la cybersécurité,
de l’IA et du cloud. La souveraineté numérique commence par la souveraineté
intellectuelle. Ce ministère doit orchestrer une révolution pédagogique, de l’école
primaire à la formation continue, pour bâtir une génération de « soldats
technologiques » conscients et créatifs.
En conclusion, créer un Ministère de l’Innovation et de la Technologie, c’est faire le pari
de l’audace. C’est reconnaître que dans un monde multipolaire, la puissance de l’Algérie
ne se mesurera plus seulement à ses ressources naturelles, mais à ses brevets, ses
données et son ingéniosité. Comme l’appellent de leurs vœux les acteurs du secteur, il
est temps d’opérer une convergence nationale autour d’une vision partagée. Ce
ministère serait le symbole d’une Algérie qui ne se contente plus d’adapter le monde
numérique, mais qui le façonne. L’inaction, elle, est une abdication.
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