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أخبار
2026-01-31

Par Ahmed Abdelkrim
Au-delà des slogans de fraternité et des images soigneusement mises en scène, la Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc révèle une réalité plus complexe. Ici, le football cesse d’être un simple sport pour devenir un outil de manipulation politique, un espace de pression et une bataille de narratifs.
Lors de la Coupe arabe au Qatar, un constat avait pourtant fait consensus, y compris chez les organisateurs qataris eux-mêmes : le public algérien figurait parmi les plus présents, les plus structurés et les plus fervents. Composé en grande partie de cadres venus directement d’Algérie, il avait su donner aux stades une ambiance remarquable, saluée pour sa créativité, sa ferveur et son esprit festif.
C’est dans ce contexte qu’un discours s’est imposé : « khawa khawa ». La fraternité était alors largement mise en avant, parfois jusqu’à l’excès. Mais cette fraternité médiatisée n’était pas neutre. Elle intervenait à un moment où le soutien algérien était objectivement utile pour remplir les tribunes et donner une image positive de l’événement. L’histoire montre que les fraternités de circonstance sont souvent conditionnelles : elles durent tant que les rapports de force restent favorables.
Lorsque l’équipe algérienne commence à avancer dans la compétition, le ton change. Les images de convivialité cèdent progressivement la place à des interpellations ciblées, à des provocations politiques et à une mise à l’épreuve identitaire du supporter algérien. Des scènes filmées et massivement diffusées sur les réseaux sociaux montrent des supporters algériens sommés de se prononcer sur des sujets politiques sensibles, notamment la question du Sahara occidental. Le stade, censé être un espace neutre et sportif, devient alors un lieu d’injonction politique, où l’on cherche à manipuler, humilier et parfois insulter.
L’épisode du supporter algérien à qui l’on offre un couscous en sortie de stade est, à cet égard, révélateur. Le geste fraternel, filmé, est immédiatement suivi d’une demande insistante :
« Vive le Maroc, vive Sa Majesté le Roi, répète après moi. »
La réponse de l’Algérien est mesurée, diplomatique, presque désamorcée :
« Que votre Roi guérisse, inchallah, nous lui souhaitons un prompt rétablissement. »
Ce refus poli d’entrer dans la polémique n’empêche pas la pression. La fraternité cesse alors d’être une valeur pour devenir un test de loyauté, voire une humiliation filmée.
Dans ce climat, certaines affaires prennent une ampleur médiatique disproportionnée. L’interpellation à Casablanca du jeune influenceur algérien Raouf Belkacemi, accusé d’un acte volontairement humiliant dans un stade de Rabat, illustre ce mécanisme. L’information est relayée avec un cadrage accusatoire avant même que l’intéressé ne puisse s’exprimer. Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, il livre pourtant une version radicalement différente des faits, contestant la narration officielle. Nous sommes ici face à un schéma classique de communication de crise instrumentalisée : un fait isolé, une accusation symboliquement lourde, une diffusion rapide. Mensonges, diffusion massive, diffamation.
La même logique apparaît avec l’affaire du spectateur congolais Michel Nkuka Mboladinga, connu comme le « sosie » de Patrice Lumumba. Malgré les excuses publiques formulées par Amoura et la réception digne du spectateur concerné par l’équipe nationale algérienne, la polémique ne vise pas à réparer, mais à entretenir un climat de tension.
À cela s’ajoutent des interventions institutionnelles politiquement lourdes de sens, comme les pressions ayant conduit à l’exclusion d’un arbitre algérien du VAR lors du match Maroc–Cameroun, sous l’impulsion de responsables influents de la CAF. À la veille de cette rencontre, une polémique a en effet émergé autour de la mise à l’écart de l’arbitre algérien initialement désigné pour officier au VAR. Selon plusieurs sources médiatiques et observateurs du football africain, cette décision serait intervenue après des interventions et protestations officielles de Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football et figure influente au sein de la CAF. Pour de nombreux analystes, cette mise à l’écart s’inscrit dans une logique plus large : réduire toute perception, réelle ou supposée, d’un arbitrage pouvant être interprété comme défavorable. Où est le sport ? Où est la transparence ?
D’un point de vue scientifique, ces phénomènes relèvent de mécanismes bien documentés en psychologie sociale. On entretient un discours officiel de fraternité tout en normalisant des actes hostiles, créant une dissonance cognitive qui pousse l’opinion à rationaliser la contradiction. Le supporter algérien n’est plus seulement un amateur de football, mais une figure politique projetée, utilisée comme ennemi symbolique pour renforcer la cohésion interne. La répétition de micro-provocations crée une fatigue psychologique, tandis que la diffusion assumée de vidéos de supporters marocains affirmant soutenir « toute équipe qui joue contre l’Algérie », allant jusqu’à dire que même si « walou » jouait contre l’Algérie, ils soutiendraient « walou », banalise l’hostilité jusqu’à la rendre presque humoristique.
À cette mécanique s’ajoute un levier particulièrement efficace : la technique de l’endormissement. Elle ne relève pas d’une fraternité spontanée entre peuples, mais d’un outil stratégique servant les intérêts du Makhzen. Le principe consiste à installer une illusion de bienveillance afin d’abaisser la vigilance du public algérien, puis à introduire progressivement des provocations déguisées en plaisanteries ou en gestes amicaux. L’objectif n’est pas de convaincre, mais de piéger l’image : provoquer une réaction émotionnelle, la filmer, la monter et l’exploiter pour donner la pire représentation possible du supporter algérien. Ce procédé agit aussi sur les masses marocaines, en maintenant un discours officiel de fraternité tout en légitimant l’hostilité, laquelle est alors perçue non comme une agression, mais comme une défense.
Dans ce contexte, une question apparemment simple, mais profondément politique, se pose : si l’Algérie va au bout de la compétition, qui remettra la coupe aux joueurs algériens ? Lorsque la neutralité sportive est fragilisée, la symbolique du geste final devient elle-même un enjeu.
Le véritable danger ne réside pas uniquement dans les provocations, mais dans la réaction qu’elles cherchent à provoquer. L’objectif n’est pas seulement d’éliminer l’Algérie sportivement, mais de la pousser à sortir du cadre, à réagir émotionnellement et à confirmer un narratif déjà écrit. Le public algérien, reconnu pour son intelligence collective, sa créativité et sa ferveur, doit précisément refuser ce piège.
La meilleure réponse à la manipulation reste la maîtrise, la dignité et la constance.
Le football passe.
Les narratifs, eux, laissent des traces.
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