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الأحد، 1 فيفري 2026

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Donald Trump, le plus américain des présidents des États-Unis

Donald Trump, le plus américain des présidents des États-Unis

 

Abed Charef

 

Donald Trump est le meilleur président de l'histoire des États-Unis. Meilleur pas dans le sens où il serait un visionnaire, avec des qualités politiques et morales supérieures, ou dans le sens où il serait un stratège hors pair, capable de mener son pays encore plus loin dans le leadership mondial.

Non.

M. Trump est le meilleur en ce qu'il incarne le mieux ce qu'est l'Amérique avec ses tares, ses travers, ses crimes, son arrogance, sa force brutale et ses mythes, qu’il vous raconte dans un film hollywoodien. Il est celui qui vante le mieux le fameux concept du «rêve américain» à des peuples qui pataugent dans le sang, au milieu des cadavres que l’armée américaine a laissés après avoir agressé leur pays.

Ce n’est pas de la fiction. C’est même le pêché originel des États-Unis. Car pendant que les pères fondateurs de la nation américaine vendaient, avec succès, l'image d'un pays modèle, ils instauraient une pratique politique et un régime d'une rare violence contre une partie des américains. Plus tard, cette violence s’est retournée contre une partie du monde, la plus vulnérable évidemment.

Ceci est illustré par quelques séquences parmi les plus connues de l'histoire des États-Unis.

La première coïncide avec la naissance même des États-Unis. Pendant que les dirigeants américains adoptaient une constitution qui consacrait la démocratie et la liberté d'expression, ils construisaient un pays sur la base de l'esclavage. Ça va durer un siècle, avant que le pays ne soit entraîné dans une guerre civile atroce pour abolir l'esclavage.

L’égalité était proclamée mais on n’efface pas les séquelles de plusieurs siècles par une loi seule. Ce n’est qu’un siècle plus tard qu’une petite femme noire, Rosa Park, rappelait au monde la ségrégation qui dominait la société américaine, en refusant de céder sa place dans un bus à un passager blanc.

Dans l’intervalle, ce pays qui, en théorie, portait la liberté au firmament, en faisant la valeur suprême de la société américaine, menait une guerre d'anéantissement contre les indiens d'Amérique, colonisant méthodiquement leurs terres, pour parquer les survivants dans d'affreux ghettos.

 

Le modèle Trump

Traditionnellement, les dirigeants américains font un effort de communication remarquable pour habiller leurs projets. Mais Trump, lui ne s’embarrasse pas de l’image qu’il donne.

Énumérer les mots qui permettent de le décrire avec précision serait considéré comme une calomnie pour la plupart des gens. Mais pour lui, ces mots s'appliquent parfaitement. Ils sont dûment documentés: vulgaire, arrogant, méprisant, menteur, fourbe, versatile , cynique, tout cela s’applique parfaitement à lui.

Prenons les deux premiers mots, «vulgaire» et «arrogant». Parlant du président colombien Gustavo Petro qui avait dénoncé l’agression américaine contre le Venezuela, M. Trump a déclaré que ce dernier «devrait faire attention à ses fesses». «Nous avons un pays voisin très malade», a-t-il dit, ajoutant que la Colombie est «gouvernée par un fou». Il a également qualifié le président colombien de « baron de la drogue » et de « voyou ».

Des vidéos de M. Trump datant de l’époque où il faisait de la télé-réalité montrent aussi un personnage d’une extrême vulgarité dans sa manière de traiter les femmes.

Menteur aussi, M. Trump a dit que le président colombien «aime produire de la cocaïne et la vendre aux États-Unis», ce qu’aucun expert indépendant n’a confirmé, le président colombien étant précisément connu pour son combat contre la drogue.

Pourquoi se permettre d’attaquer le Venezuela et éventuellement la Colombie. Parce que les États-Unis sont «les plus forts de toute la planète», a dit M. Trump en toute humilité. Pour l’arrogance, on est servi.

 

Versatile, méprisant, indécent

Mais M. Trump est également versatile. Ses déclarations tonitruantes servent souvent à préparer une future négociation, qu’il entame après avoir exercé un maximum de pressions sur son adversaire. Ainsi, après avoir annoncé, à l’issue un entretien téléphonique avec le même président colombien, qu’il allait le recevoir à la Maison Blanche « dans un futur proche », M. Trump a dit qu’il avait «apprécié» le discours de M. Gustavo Petro, et qu’il avait «hâte» de le rencontrer.

Passer d’un extrême à un autre est un exercice facile pour M. Trump. Il l’a montré à de multiples reprises. Il a ainsi longtemps affirmé entretenir des relations cordiales avec le français Emmanuel Macron. Mais, selon une vidéo virale, il a fait une déclaration humiliante pour le chef de l’état français, qu’il aurait mis à genoux pour lui imposer une augmentation du prix des médicaments importés des États-Unis.

Les pauvres et les plus faibles sont raillés de manière odieuse par le président américain. Aux États-unis comme ailleurs, où il sont traités de criminels, de trafiquants de drogue, d’êtres nuisibles.

Quand il s’agit d’étrangers, il se lâche. Sans limite. Sans complexe. A propos des somaliens, supposés constituer une menace contre la navigation en Mer Rouge, il a dit, sur un ton méprisant, qu’ils «ne font que courir partout», car leur pays est mort, ils n’ont plus de gouvernement, ils n’ont pas d’armée, ils n’ont rien».

Au chapitre de l’indécence, M. Trump a choqué une large partie de l’opinion internationale pendant qu’Israël commettait un génocide à Ghaza. Alors que les Palestiniens cherchaient à échapper aux bombes et à trouver un morceau de pain et un minimum d’eau, il a parlé de construire une «Riviera » à Ghaza!

Mais comme c’est l’homme le plus puissant du monde, aucun dirigeant n’ose s’opposer à lui de manière frontale, pour dénoncer ses propos et ses actes. Rares sont les hommes politiques qui osent le défier, et lui rétorquer par des propos aussi tranchés que ceux de l’acteur George Clooney, qui a osé ceci: «Donald Trump est une insulte à l’intelligence, une insulte à la décence, une insulte à l’humanité».

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