ان تستقيظ متأخرا ..افضل من ان تموت !
رأي من الحراك
2026-03-09

رأي من الحراك
2026-03-08
Abed Charef
Dans une guerre, le choix des armes, au sens large, est décisif. Choisir le moment de déclencher la guerre, le type de conflit qu’on veut mener, le champ de bataille le plus favorable, les armes qui vont êtres utilisées, maîtriser le calendrier et les conditions de la négociation: ce sont autant d’éléments qui finissent par déterminer l’issue du combat.
Chaque belligérant veut éviter de subir les conditions imposées par l’ennemi, ainsi que les règles selon lesquelles va se dérouler le conflit. Ces règles tendent évidemment à privilégier les points forts de chacun, tout en minimisant le poids des éléments dans lesquels l’ennemi est plus performant.
Dans la guerre déclenchée le 28 février 2026 par les Etats-Unis et Israël dans le Golfe, l’Iran était, au départ, fortement handicapé sur quatre terrains principaux: le choix de l’initiative de déclenchement du conflit d’abord, la puissance de feu ensuite, ainsi que la maîtrise du ciel, et du renseignement. Autant de handicaps ne doivent à priori laisser guère de doute sur l’issue du conflit.
Reprendre la main
Pourtant, l’Iran a tenté, avec un certains succès, de reprendre la main en misant sur ses points forts. Certes, au départ, les Iraniens ne maîtrisaient pas le calendrier, mais ils s’attendaient à une agression. Peut-être pas à cette date, ni avec cette brutalité, mais ils savaient que c’est une hypothèse forte. Les Etats-Unis ne déplacent pas trois porte-avions pour faire du tourisme.
Les Américains s’attendaient peut-être à un écroulement du pouvoir iranien après l’assassinat de nombreux dirigeants de premier plan. Donald Trump a tenté de faire accréditer cette idée dès le premier jour en annonçant que les dirigeants iraniens avaient pris contact pour négocier, déplorant même qu’ils n’aient pas accepté les conditions américaines plus tôt.
Les dirigeants iraniens, en joueurs d’échecs, ont cependant rapidement repris la main sur cette question de la maîtrise du temps. Non seulement les Iraniens n’avaient pas demandé de cessez-le-feu, mais ils ne voyaient même pas l’utilité des négociations. «Nous n'avons envoyé aucun message (...) Nous n'avons aucun raison de négocier avec Trump», a répondu sèchement le ministre iranien des affaires étrangères Abbas Araghchi.
En affirmant qu’ils ne quémandaient pas de cessez-le-feu, les iraniens ont envoyé un message fort: ils sont prêts, ils vont combattre.
En outre, l’ambassadeur d’Iran à Paris a rappelé tout ce que l’Iran a enduré en négociant avec l’Iran. En juin 2025, Américains et israéliens ont agressé l’Iran alors que des négociations se poursuivaient à Oman. Le 28 février, même scénario, avec des pourparlers à Oman et à Genève, a-t-il rappelé.
Éviter les points forts de l’ennemi
Autre retournement de situation que les Iraniens ont réussi: ils ont imposé un mode opératoire mieux adapté à leurs capacités et, surtout, à leur impuissance. L’état-major iranien a refusé un choc frontal, à l’image de ce qu’avait tenté l’armée irakienne en 1991 puis en 2003, avec pour résultat un anéantissement de l’armée irakienne. Il a aussi évité de rivaliser sur un terrain où la partie iranienne n’avait aucune chance, l’aviation.
A l’inverse, l’état-major iranien a choisi d’utiliser des moyens où il peut avoir un avantage: les drones et les missiles. Les spécialistes ont notamment relevé trois points essentiels.
D’abord, l’Iran a développé une panoplie d’armes à sa portée, en mesure de frapper n’importe où dans un rayon de plus de 2.000 kilomètres.
Ensuite, pour contrer un drone iranien de quelques milliers de dollars, américains et israéliens déploient des dispositifs qui coûtent soixante à cent fois plus cher, sans obtenir des résultats totalement convaincants. A cela, il faut ajouter que le stock américano-israélien en matériel anti-missiles était probablement limité, même si les Etats-Unis ont la capacité de relancer la production à un rythme élevé.
Enfin, l’Iran n’a pas défini de limite géographique à sa riposte. Il a décidé de frapper partout où il pouvait faire mal: Israël, les bases américaines disséminées dans la région, y compris dans les pays arabes. Pour les iraniens, ces bases constituent des éléments d’un ensemble militaire à prendre pour cible dans sa globalité.
Guerre totale
Dans le même ordre d’idées, l’Iran a choisi délibérément de rendre le détroit d’Ormuz impraticable, à défaut d’en avoir la maîtrise. Cela aura un impact sur les grandes économies du monde, y compris américaine, ce qui augmentera la pression sur les Etats-Unis et Israël.
Du coup, Israël se retrouve avec un modèle de guerre différent de ce que son armée maîtrise. Au lieu d’une guerre de haute technologie, où l’aviation impose le tempo, pour que la suite devienne une simple routine, l’armée israélienne se trouve confrontée à un ennemi qui fait preuve de résilience, qui s’est donné les moyens d’atteindre les cibles les plus éloignées, et qui dispose d’un stock d’armement inconnu.
Au final, l’Iran aura, en une semaine, réussi à changer les conditions de la guerre. On passe d’un affrontement où Américains et Israéliens maîtrisaient tous les éléments, à un conflit où l’Iran définit le théâtre d’opérations, en fixe les limites géographiques, étend le champ du conflit à l’économie, tout en essayant de reprendre en main le calendrier.
C’est une nouvelle guerre qui commence. Une guerre totale.
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