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أخبار
2026-01-31

Ahmed ABDELKRIM
L’Algérie a, une fois encore, ouvert grand ses bras. Comme elle sait si bien le faire.
À l’occasion de la visite du youtubeur américain IShowSpeed, figure planétaire des réseaux sociaux suivie par plus de 50 millions de jeunes, le pays a offert ce qu’il offre souvent à ses invités : chaleur humaine, curiosité sincère et hospitalité spontanée.
Des youyous dans les rues, des sourires, des selfies, des gestes de bienvenue parfois poussés jusqu’au symbole dattes et lait, marque ancestrale de respect et d’accueil. Speed a parcouru Djanet, joyau du Sud algérien, puis Alger-centre, découvrant une capitale vivante, contrastée, fière de son histoire et de sa jeunesse.
Tout semblait réuni pour une vitrine positive de l’Algérie contemporaine.
Pourtant, le voyage a pris une tournure inattendue.
Le moment de rupture
Lors d’un déplacement aux abords d’un match du derby algérois USMA–MCA, des images largement relayées sur les réseaux sociaux ont choqué une grande partie de l’opinion. Le youtubeur y apparaît effectuant un geste obscène et provocateur face à des supporters médusés.
Pour beaucoup d’Algériens, le malaise est profond.
Non seulement le geste est très irrespectueux, mais il intervient dans un contexte précis : celui d’un pays qui venait de l’accueillir avec bienveillance, parfois même avec une forme d’officialisation difficile à justifier.
Ce moment marque une rupture nette entre l’intention initiale promouvoir une image positive, jeune, ouverte et la réalité d’un comportement insultant envers ses hôtes.
Hospitalité mal comprise, codes ignorés
L’Algérie est connue pour son accueil légendaire, souvent spontané, parfois excessif. Mais cette générosité repose sur des codes culturels clairs : le respect mutuel, la retenue dans l’espace public, et la considération envers ceux qui ouvrent leur porte.
Speed, personnage médiatique construit sur la provocation permanente, semble n’avoir ni mesuré ni intégré ces codes. Là réside sans doute le cœur du problème : un choc culturel mal anticipé, sans encadrement professionnel, sans médiation, sans filtre.
Une question qui dérange : pourquoi tant d’égards ?
La polémique soulève une interrogation légitime :
Pourquoi accorder à un influenceur, aussi populaire soit-il, un accueil quasi officiel, comme s’il s’agissait d’une personnalité politique ou diplomatique ?
Et surtout :
Pourquoi ne pas avoir encadré ce déplacement par des professionnels de la communication, du protocole ou du tourisme culturel, capables d’expliquer les limites, les sensibilités et les responsabilités liées à une telle exposition ?
Dans un monde hypermédiatisé, chaque image devient un message. Et chaque message peut être détourné.
Le risque du récit inversé
Le plus préoccupant reste peut-être la suite.
Alors que l’Algérie fait preuve d’ouverture, certains médias internationaux et acteurs régionaux n’hésitent pas à exploiter des séquences isolées pour renforcer un narratif bien connu : celui d’un pays présenté comme tendu, hostile ou violent.
Le contraste est frappant lorsque les mêmes comportements sont accueillis avec indulgence ailleurs, notamment au Maroc, où les images sont parfois utilisées pour construire un récit comparatif défavorable à l’Algérie.
Une ironie amère, quand on sait que les images les plus choquantes proviennent précisément d’un manque de respect envers les Algériens eux-mêmes.
Leçon à tirer
L’épisode Speed n’est pas anecdotique.
Il révèle une faille dans la gestion de l’image, une confusion entre popularité numérique et légitimité symbolique, et une urgence : celle de repenser la manière dont l’Algérie accueille, expose et accompagne les figures médiatiques internationales.
Accueillir, oui.
S’idéaliser, non.
Et surtout, ne jamais confondre notoriété et respect.
L’hospitalité algérienne mérite mieux que d’être mal comprise ou pire, instrumentalisée.
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