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أخبار
2026-01-31

Ahmed Abdelkrim
Il fut un temps où l’arrestation, a fortiori l’élimination, d’un chef d’État en exercice constituait un tabou absolu des relations internationales. La souveraineté nationale, héritée des traités westphaliens, offrait aux dirigeants, quels que soient leurs excès une forme d’immunité politique. Ce temps semble révolu. L’annonce de l’arrestation de Nicolás Maduro s’inscrit dans une séquence historique plus large, marquée par la fin progressive de cette intouchabilité. Elle révèle moins une rupture soudaine qu’une lente érosion des règles qui structuraient l’ordre international depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Car arrêter un président en fonction n’est jamais un simple acte judiciaire. C’est un geste éminemment politique, chargé de symboles, qui redessine les rapports de force bien au-delà des frontières du pays concerné. À travers Maduro, ce n’est pas seulement le Venezuela qui est visé, mais une certaine idée de la souveraineté, déjà fragilisée par des décennies d’interventions, de sanctions et de guerres dites « préventives ».
Noriega, Saddam : la normalisation de l’exception
Le précédent de Manuel Noriega, en 1989, fut l’un des premiers signaux faibles de cette transformation. Capturé par l’armée américaine au Panama, jugé aux États-Unis pour narcotrafic, Noriega était certes un dirigeant autoritaire, mais il était aussi un ancien allié stratégique de Washington. Son arrestation inaugura une nouvelle logique : un chef d’État pouvait désormais être traité comme un criminel ordinaire, dès lors qu’il cessait d’être utile.
Quelques années plus tard, la capture de Saddam Hussein en Irak porta cette logique à un autre niveau. Là encore, la chute du régime fut mise en scène comme une victoire morale et politique. Les images du président irakien, hagard, extrait de sa cachette, firent le tour du monde. Mais derrière le récit de la libération se profilait une réalité plus sombre : l’arrestation du dirigeant n’avait pas mis fin à la violence, elle l’avait déplacée. L’État irakien, privé de ses structures, s’effondra, ouvrant un cycle d’instabilité dont la région ne s’est jamais remise.
Dans ces deux cas, l’exception devint progressivement la norme. Le droit international ne disparaissait pas, mais il cessait d’être le cadre exclusif de l’action. Il devenait un argument parmi d’autres, souvent invoqué après coup.
Kadhafi : quand l’arrestation laisse place à l’exécution
Avec l’assassinat de Mouammar Kadhafi en 2011, une ligne supplémentaire fut franchie. Leader de la Libye pendant plus de quarante ans, Kadhafi ne fut ni arrêté, ni jugé. Il fut traqué, capturé, puis exécuté sommairement, sous l’œil des caméras, dans un chaos devenu emblématique des « printemps arabes » militarisés.
L’intervention internationale, initialement justifiée par la « protection des civils », se transforma en opération de changement de régime. La mort de Kadhafi fut présentée comme la fin d’une tyrannie. Elle marqua surtout le début d’un vide politique abyssal. La Libye, privée d’État, devint un territoire fragmenté, livré aux milices, aux ingérences étrangères et aux trafics en tout genre.
Là encore, le sort réservé au dirigeant éclipsa celui du pays. L’élimination de l’homme fut confondue avec la résolution du problème. L’histoire démontra l’inverse.
Maduro : le retour de vieux démons en Amérique latine
Dans ce contexte, le cas de Nicolás Maduro résonne comme un écho inquiétant. L’Amérique latine connaît trop bien ces moments où la légitimité des dirigeants est décidée ailleurs, au nom de principes supérieurs, souvent définis unilatéralement. Que le régime vénézuélien soit autoritaire, contesté et responsable de graves dérives ne fait guère débat. Mais la méthode employée pour s’en débarrasser redonne vie à une mémoire collective marquée par les interventions, les coups d’État et les protectorats déguisés.
Arrêter un président en exercice, sans cadre multilatéral clair, revient à transformer une crise politique interne en précédent global. Cela signifie que certains États s’arrogent le droit de décider quels dirigeants méritent d’être renversés, jugés ou neutralisés, et lesquels peuvent continuer à gouverner malgré des violations comparables.
Un monde sans garde-fous
Ce qui relie Noriega, Saddam, Kadhafi et aujourd’hui Maduro, ce n’est pas leur trajectoire personnelle, mais le contexte international dans lequel ils ont chuté. Un monde où les institutions multilatérales peinent à imposer des règles communes. Un monde où la force, militaire ou économique, redevient un instrument assumé de régulation politique.
Dans cet ordre incertain, l’arrestation ou l’élimination d’un chef d’État n’est plus l’exception scandaleuse, mais une option stratégique parmi d’autres. Une option lourde de conséquences, souvent irréversibles, dont les peuples concernés paient le prix bien après que les caméras se sont détournées.
La chute des hommes, le poids des peuples
L’histoire récente invite à une prudence essentielle : faire tomber un dirigeant ne suffit pas à reconstruire un pays. La disparition brutale du sommet de l’État laisse rarement place à la stabilité. Elle ouvre, le plus souvent, une période de fragmentation, de violences et de dépendances accrues.
À mesure que les chefs d’État cessent d’être protégés par les règles qu’ils ont parfois eux-mêmes violées, c’est l’ensemble du système international qui devient plus fragile. La question n’est plus seulement de savoir qui mérite d’être arrêté, mais qui décide, et au nom de quoi.
Dans ce monde incertain, une chose demeure constante : lorsque le droit cède devant la force, ce sont rarement les puissants qui en subissent durablement les effets, mais les sociétés laissées derrière eux, condamnées à vivre longtemps avec les ruines des décisions prises ailleurs.
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