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الأحد، 1 فيفري 2026

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La guerre 2.0 contre l’Algérie : quand le champ de bataille devient digital

La guerre 2.0 contre l’Algérie : quand le champ de bataille devient digital


Redha Benyamina 

Ingénieur 


L’annonce est sans détour, presque clinique dans sa formulation, mais lourde de sens dans ses implications : des entités ouvertement hostiles à l’Algérie, opérant depuis l’étranger, ont enclenché une campagne de désinformation coordonnée sur les réseaux sociaux. Leur objectif est clair et assumé : provoquer une grève des commerçants ce jeudi, en ciblant frontalement la stabilité économique nationale. Il ne s’agit pas d’une rumeur anodine ni d’un simple emballement numérique, mais bien d’un signal d’alerte sérieux. Derrière ces publications se dessine l’ouverture d’un nouveau front, plus discret, mais tout aussi stratégique, dans la défense de la nation.

Car le champ de bataille a changé. Il ne se situe plus uniquement aux frontières physiques, mais s’est déplacé vers l’espace digital. Les armes ne sont plus conventionnelles : ce sont désormais des algorithmes, des bots, des contenus viraux et des flux informationnels savamment manipulés. Cette offensive s’inscrit dans un schéma désormais bien connu des services de renseignement à travers le monde : celui de l’ingérence informationnelle. À distance, des narrations toxiques sont conçues, calibrées pour susciter l’émotion, puis amplifiées par des réseaux de faux profils et de comptes automatisés avant d’être injectées dans le débat local.

C’est la version 2.0 des anciennes méthodes de déstabilisation. Le soft power malveillant s’est transformé en digital power agressif. La cible n’est plus uniquement une institution ou un symbole de l’État, mais le psyché national lui-même, atteint au quotidien à travers l’écran du smartphone de chaque citoyen. La manipulation ne cherche pas le choc frontal, mais l’érosion lente de la confiance, la division silencieuse et la confusion organisée.

Face à cette guerre asymétrique, le réflexe patriotique le plus urgent n’est ni la panique ni la surenchère émotionnelle, mais le développement d’une véritable hygiène numérique critique. Chaque partage impulsif, chaque commentaire à chaud sur une publication suspecte, devient un data point qui renforce la stratégie de l’adversaire et nourrit la viralité du poison. À l’ère numérique, le patriotisme commence par la vérification des sources et par le refus conscient d’être le maillon faible d’une chaîne de manipulation.

Cet épisode agit comme un rappel brutal de l’importance vitale de la souveraineté numérique. Une souveraineté qui dépasse la seule question des infrastructures pour englober la protection de l’écosystème informationnel national. Elle repose sur des outils locaux de vérification, sur l’éducation aux médias et sur une prise de conscience collective : notre espace digital commun est un territoire à défendre. Les algorithmes étrangers ne sont jamais totalement neutres, ils peuvent être instrumentalisés au service d’agendas hostiles.

L’Algérie de 2026 est ainsi appelée à répondre non par la passivité, mais par une mobilisation intellectuelle et technologique. Protéger la patrie aujourd’hui, c’est aussi sécuriser son paysage informationnel. En résistant à ces manipulations, chaque citoyen devient un firewall humain, un acteur vigilant, un gardien actif de la stabilité et de l’unité nationale face à des menaces invisibles, mais bien réelles.

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