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الأحد، 1 فيفري 2026

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Le Venezuela nous rappelle une vérité essentielle : la souveraineté commence par le digital

Le Venezuela nous rappelle une vérité essentielle : la souveraineté commence par le digital


Redha Benyamina

Ingénieur 


Les événements récents au Venezuela ont choqué par leur brutalité. Mais au-delà des images, des déclarations et des réactions diplomatiques, une réalité plus silencieuse mérite toute notre attention : la vulnérabilité numérique d’un État peut précéder sa vulnérabilité politique.

Aujourd’hui, les conflits ne débutent plus uniquement par des chars ou des avions. Ils commencent souvent par des coupures électriques, des systèmes industriels paralysés, des réseaux de communication perturbés, des données stratégiques exposées ou manipulées. Le digital est devenu un champ de bataille invisible, mais décisif.

Le cas du Venezuela illustre une leçon fondamentale : lorsqu’un pays perd la maîtrise de ses infrastructures numériques critiques : énergie, télécommunications, données industrielles, systèmes de supervision, il perd une partie de sa capacité à décider librement. La dépendance à des technologies étrangères, fermées ou contrôlées à distance, crée une fragilité structurelle. Et dans un contexte géopolitique tendu, cette fragilité peut être exploitée sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré.

La souveraineté digitale ne signifie pas l’isolement ni le rejet de la coopération internationale. Elle signifie la capacité à comprendre, contrôler et sécuriser ses propres systèmes. Elle signifie savoir où sont hébergées les données sensibles, qui peut accéder aux systèmes critiques, qui peut les arrêter, les surveiller ou les altérer. Elle signifie également disposer de compétences locales capables de maintenir, faire évoluer et défendre ces technologies.

Pour des pays producteurs d’énergie, disposant d’infrastructures stratégiques et jouant un rôle régional clé, la question n’est plus “faut-il investir dans le digital ?”, mais “qui contrôle ce digital ?”. Un SCADA, une plateforme IIoT, un cloud ou un logiciel métier ne sont jamais neutres. Ils portent une vision, des dépendances et parfois des leviers de pression.

La leçon du Venezuela est simple, mais exigeante : la souveraineté politique sans souveraineté digitale est incomplète. Investir dans des solutions locales, former des ingénieurs, soutenir des écosystèmes technologiques nationaux, sécuriser les données et les infrastructures critiques n’est pas un luxe. C’est une assurance stratégique.

Dans le monde qui vient, les nations les plus résilientes ne seront pas seulement celles qui possèdent des ressources naturelles, mais celles qui maîtrisent leur technologie. Le digital n’est plus un outil de confort. Il est devenu un instrument de souveraineté.

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