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أخبار
2026-01-31

Abed Charef
L’attaque américaine contre le Venezuela a confirmé une évolution majeure dans les conflits modernes: le contrôle du narratif est devenu aussi important que la conduite des opérations militaires. Cela renforce le rôle des fameux spin-doctors qui, à défaut de faire eux-mêmes la guerre, la rendent belle, attrayante, nécessaire, voire indispensable, mais aussi virile et héroïque.
Cette évolution a donné naissance à tout un tas de concepts, de procédés, pour imposer les non moins fameux «éléments de langage», répétés à satiété par les hommes politiques et les communicateurs, mobilisés, le plus souvent payés, à cet effet.
Mais aussi complexes soient-il, ces procédés reviennent toujours à des fondamentaux, des éléments basiques sans lesquels la guerre semble impossible. Parmi eux, la nécessité impérieuse de détruire l’image de l’ennemi, d’en faire un monstre, une incarnation du diable, un spécimen du mal, avant de le détruire physiquement.
Le cas de Nicolas Maduro n’a pas dérogé à cette règle basique. Quelques mots, quelques formules, ont été lancées pour le disqualifier totalement. On en retiendra deux: chef d’un cartel de drogue, et dictateur.
Chef d’État ou chef de gang
Une fois accusé d’être à la tête d’un cartel de drogue, Maduro est supposé grillé. On ne parle pas de politique, de droit international, de président élu, de souveraineté des peuples, d’agression externe. Non. Juste d’un vulgaire trafiquant de drogue.
Le coup a été soigneusement préparé. Plusieurs semaines avant l’agression américaine, toute une flotte a été déployée dans la mer des Caraïbes pour chasser les trafiquants, et de nombreuses embarcations civiles ont été détruites par l’armée américaine, leurs passagers assassinés, en dehors de toute procédure légale.
Nicolas Maduro est donc présenté comme une nouvelle cible dans cette guerre contre les trafiquants. Les premières images après son kidnapping veulent conforter cette perception: M. Maduro est encadré par des agents de la DEA (Drug Enforcement Administration, l'agence fédérale de lutte contre le trafic de drogue), et il est présenté à un tribunal comme un vulgaire chef de réseau, acculé à plaider coupable ou non coupable, ce qui l’installe dans l’engrenage voulu par les américains. Pourtant, lui-même se dit président légitime de son pays, en situation de prisonnier de guerre, évidemment sans le moindre lien avec les cartels de la drogue.
Dictateur de convenance
Le discours des «occupants - colons - agresseurs» est aussi à multiples tiroirs. Si la première salve (ici, celle de chef de cartel de drogue), n’est pas suffisante pour détruire l’image de la cible, d’autres tirs suivent, jusqu’à épuisement, pour être sûrs que l’objectif sera atteint. Pour Maduro, c’est le qualificatif de dictateur qui revient le plus souvent. Un dictateur corrompu, de plus, qui saigne son pays et asservit son peuple.
Pourtant, Nicolas Maduro a été élu. Régulièrement. Comme son prédécesseur, Hugo Chavez, dont il s’inspire.
Depuis qu’il a été élu, M. Maduro a fait face à une suite ininterrompue de tentatives de coups d’état, de déstabilisation, d’attaques de toutes sortes, qui ont contraint le régime en place à faire de la stabilité une priorité centrale. Y compris au détriment du développement, car parler de développement en situation d’instabilité n’a pas beaucoup de sens. Attaques directes, tentatives de soulèvement par la rue, type Maïdan, sédition au sein des institutions, tentative d’influer sur le résultat d’une élection pour proclamer vainqueur le client des États-Unis, rien n’a été épargné au Venezuela.
Hugo Chavez, précédécesseur de M. Chavez avait déjà fait l’expérience de ces tentatives de déstabilisation qui finissent par épuiser un pays et le détourner de ses véritables défis. M. Chavez avait même subi un coup d’état, il avait été formellement destitué, arrêté, avant que l’armée ne refuse le putsch et décide de le rétablir dans ses fonctions.
Plus tard, M. Chavez a été beaucoup plus loin. Contesté, comme M. Maduro, violemment attaqué par les pays occidentaux qui le traitaient de dictateur, il avait organisé un référendum unique dans l’histoire: alors que rien ne l’y obligeait, il s’était soumis à un référendum de confirmation en promettant de se retirer si le peuple vénézuélien ne lui faisait plus confiance. Le français Emmanuel Macron, le britannique Keir Starmer et l’allemand
Friedrich Merz peuvent-ils en faire de même, eux dont la politique est approuvée par moins de 20 pour cent de leurs concitoyens pour les deux premiers, à peine plus de vingt pour cent pour le troisième ? Ce qui n'a pas empêché M. Macron de se féliciter du kidnapping de Nicolas Maduro!
Procédés rudimentaires mais efficaces
Le développement des moyens de communication modernes, avec le prééminence des réseaux sociaux, a permis de voir de plus en plus clair dans ces procédés de diabolisation de l’ennemi. Mais qu’on ne s’y trompe pas: ces procédés, aussi primaires soient-ils, demeurent d’une redoutable efficacité, laissent des traces. Ils arrivent à convaincre une partie de l’opinion, la plus «beauf», celle qui vote pour Trump, mais aussi des influenceurs qui, même en Algérie, relaient ce discours sur «le dictateur qui saigne son peuple».
Dans le même temps, l’agresseur glorifie son action, en la présentant comme un chef d’œuvre. Sans craindre le ridicule, car on n’est plus dans le domaine de la raison et de la crédibilité, mais dans celui de la guerre. Où tou les coups sont permis. Ainsi, Donald Trump a présenté l’attaque contre le Venezuela comme le plus grand débarquement depuis la seconde guerre mondiale.
Le but ici n’est pas d’informer, ni d’être crédible ou cohérent. Il s’agit d’installer le fameux narratif. Et même si, à terme, la vérité finit par s’imposer, l’agresseur aura eu le temps de commettre son crime.
Comme à Ghaza. Le 7 octobre, alors que la résistance palestinienne avait mené une des opérations techniquement les plus osées de l’histoire militaire, les experts israéliens ont inventé deux formules pour la discréditer. Et même pour justifier le crime contre l’humanité qui allait suivre. Les communicateurs israéliens ont inventé une histoire de femmes violées, de bébés décapités et jetés dans un four, et d’attaques massives contre des civils.
Évidemment, rien de tout cela n’était vrai. Mais il a fallu du temps pour en sortir. Entre-temps, l’armée israélienne a trouvé le temps pour commettre son crime. Trump va-t-il rééditer ce coup avec Maduro?
Difficile. Le Venezuela peut même constituer le compte à rebours pour cette absurdité qu’est le trumpisme.
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